L'amélioration du réseau d'irrigation augmente les opportunités au Sénégal

Le Compact du MCC a investi environ 85 milliards FCFA pour aider les exploitants agricoles à produire et à vendre plus de riz, de tomates et d'oignons en restructurant et en étendant l'irrigation dans le nord du Sénégal.

Le riz tient une place de choix dans l'esprit de nombreux Sénégalais. Il accompagne communément les repas et nombre d'habitants des zones rurales du nord du pays dépendent de la riziculture pour générer leurs revenus de base.

Cependant la riziculture est devenue un secteur difficile, ces dernières années, dans la Vallée du fleuve Sénégal, fief de la riziculture au Sénégal. Le système d'approvisionnement des terres en eau avait besoin d’être rénové et dans certaines zones, les exploitants ont laissé à l’abandon leurs champs à cause de la salinisation des sols et l'irrégularité de l'approvisionnement en eau.

Maintenant, les riziculteurs du nord ont de bonnes raisons d'être optimistes: le Compact d’environ 270 milliards FCFA du MCC, étendu sur cinq ans a investi dans la réhabilitation des systèmes d'irrigation du fleuve Sénégal. Le Compact était conçu dans le but d'améliorer les revenus en zone rurale et de dynamiser l'économie dans la Vallée du fleuve Sénégal tout en aidant à son autosuffisance alimentaire de sa population et faciliter le commerce avec les pays voisins.

Un des components du plan stratégique national du Senegal est l’atteinte de l’autosuffisance en riz à l’horizon 2017. Le Compact du MCC soutient cet objectif à travers des investissements investissant dans le système l’irrigation et la mise en place d’un système de sécurisation du droit foncier. Ces deux éléments sont essentiels pour appuyer le Sénégal dans la concrétisation dans son objectif d’atteindre la sécurité alimentaire.

Le Compact du MCC a par ailleurs investi 85 milliards FCFA pour aider les exploitants agricoles à produire et à commercialiser plus de riz, de tomates et d'oignons en restructurant et en étendant le réseau irrigué de près de 35 000 hectares dans le Delta, il a également créé un périmètre irrigué de 450 hectares à Ngalenka.

Grâce à l'amélioration de l'irrigation dans le Delta «­l'eau atteint des endroits que nous pensions être hors de portée­» s'exclame Pathé Diop, président d'une association de 1800 membres. «­Quiconque habite ici vous dira que les choses ont changé maintenant­».

Les membres de l'association de Mr Diop sont des riziculteurs dans le Delta, là où le système d'irrigation en place était devenu défaillant, forçant les acteurs du secteur à abandonner l'agriculture. L'incertitude quant à l'approvisionnement en eau et la faiblesse du drainage faisait que les exploitants de la zone n'avaient pas suffisamment d'eau lorsqu'ils en avaient besoin et les résidus de sel restant sur le sol étaient excessifs.

Les investissements de MCC dans le système d'irrigation du Delta comprennent environ 210 kilomètres de canaux primaires et de drainage. Par ailleurs, le MCC travaille étroitement avec l'agence du Gouvernement sénégalais en charge des services d'approvisionnement en eau et de drainage dans la Vallée, la SAED afin d'améliorer la viabilité financière et l'efficacité opérationnelle et de créer un système de gestion de l'entretien basé sur la performance.

Pour la première fois depuis des années, la population de cette zone voit de l'avenir dans la riziculture dixit Diop. Mr Diop, avec les bénéfices de la bonne récolte exceptionnelle de cette année, envisage d'acquérir plus de terre et de meilleurs équipements, notamment un tracteur et une moissonneuse.

«­Si vous avez l'irrigation, vous pouvez contrôler l'eau – l'eau ne vous contrôle pas­» renchérit Mr Diop. «­Vous avez toutes les cartes en mains­».

Mouhamadou Moustapha Diack, le premier adjoint au maire de la ville septentrionale de Diama juge que l'irrigation va contribuer à transformer la région.

«­Je dis aux gens que plus d'irrigation mène à plus de possibilités­» explique-t-il. «­ Et les gens sont motivés. Ils cultivent plus, achètent plus et vendent plus­».

Binetou Diom Ba, la présidente d'une association de femmes productrices agricoles du nord du Sénégal estime que le périmètre irrigué de Ngalenka financé par le MCC aide les membres de son association à générer un revenu complémentaire fort utile.

Près de Ngalenka, le MCC a financé la construction d'un nouveau périmètre irrigué de 450 hectares. Le projet comprenait notamment le nivellement du sol, la mise en place de nouvelles stations de pompage et la construction de près de 9 kilomètres de canaux primaires et secondaires, d'une digue de protection de 6 kilomètres, de 16 kilomètres de drains, de structures de contrôle de l'eau et de 34 kilomètres de pistes d'accès.

Ibrahima Ba, paysan, cultive du riz sur un champ d'environ 1 hectare. Avant, il dépendait des pluies et espérait récolter assez de riz pour tenir toute une année avec sa famille de 10 membres.

«­L'irrigation a changé cela­», dit-il. A sa première récolte avec l'irrigation, il comptait 90 sacs de 60 kilogrammes. Cela représente 20 sacs de plus que ce qu'il avait produit l'année précédente.

«­Tout va tellement, mais tellement mieux avec l'eau­!­» s'enthousiasme Mr Ba, qui envisage d'acquérir plus de terre et de construire une maison avec le reste de son revenu. «­ Cela rend la riziculture plus prévisible et me permet de passer moins de temps dans les champs.­»

Binetou Diom Ba, la présidente d’une association de 173 femmes a constaté que l’irrigation des terres contribue à apporter un complément de revenu très utile pour les membres de son association. Elle compte investir une bonne partie de son revenu supplémentaire pour de meilleurs équipements agricoles et payer les frais de santé et de scolarité de ses trois enfants.

Mais un apport aussi important que l'irrigation selon Madame Ba, est que la coopérative de femmes qu'elle dirige a reçu une parcelle avec un titre foncier. Elle salue le travail de MCA-Sénégal qui a persuadé les habitants de la région à vendre la terre aux femmes.

«­Autant que l'on puisse se souvenir tous ici, c'est la première fois qu'une telle chose se produit­» conclut-elle.

18 août 2015

Scott Fontaine