Relier les marchés, créer des opportunités dans le nord du Sénégal

La réfection de la RN2 a changé beaucoup de choses pour Oumar Sow, routier.

Oumar Sow effectue le même trajet de 430 kilomètres de Ndioum au nord du Sénégal à la capitale, Dakar, deux à trois fois par semaine. Il connaît le trajet au kilomètre près – il sait réparer les tronçons faciles, les ralentisseurs malvenus et les postes de contrôle de la police.

Il conduit son camion depuis cinq ans avec une régularité remarquable. Il quitte Ndioum très tôt le matin, à bord de son camion chargé de moutons. Il revient de Dakar le jour suivant avec un chargement de ciment.

Il n'a pas beaucoup de remarques positives au sujet de l'ancienne route nationale, RN2, qui relie Ndioum à la ville côtière de Saint-Louis.

«­Elle était vraiment en mauvais état­». «­Je cherchais toujours un moyen de la contourner­».

Maintenant, la nouvelle RN2 est le tronçon le plus agréable de son trajet. C'est parce que cette voie de 120 kilomètres située au nord a été réhabilitée dans le cadre du Compact du MCC avec le Sénégal, d'une durée de cinq ans et d'un montant d’environ 270 milliards de FCFA. A travers le pays,­le MCC investit 163 milliards de FCFA pour améliorer l'état des routes qui mènent les exploitants agricoles et les commerçants sénégalais aux principaux marchés nationaux et internationaux.

Le temps de trajet de Mr Sow, de Ndioum à Dakar est tombé de dix heures à six heures. Il dépense moins pour remplacer ses freins et acheter du carburant.

Le revenu ainsi économisé par Mr Sow constitue déjà un changement pour lui.

«­C'est sûr, mon revenu s'est amélioré­» reconnaît-il. «­Ma vie est devenue plus facile­».

Les autres habitants de Ndioum ont entendu parler de la nouvelle route et y voient également des avantages pour leur avenir.

Trente habitants se sont récemment réunis en coopérative agricole et ont acquis un peu plus de deux hectares de terre pour cultiver des tomates, du maïs, des aubergines, des poivrons, des ignames et du mil.

Pour cette association, MCA-Sénégal a contribué à l'achat de variétés de semences améliorées, d'une pompe pour l'irrigation de leur champ et à faire une formation en techniques agricoles et pratiques commerciales. L'association commercialise ses produits à Ndioum, à Saint-Louis et à Dakar.

Selon Baye Pam, 40 ans, membre de la coopérative, une grande variété de semences permet aux membres de cultiver toute l'année et ils en récoltent déjà des bénéfices. Mr Pam, à l'instar des autres membres, cultivait seulement du riz sur un lopin de terre qui faisait à peine 1000 mètres carrés.

Maintenant, avec son supplément de revenu, il achète une nourriture plus saine pour sa famille et peut mieux la soutenir. Avec d'autres membres, il a également réinvesti une partie de ses bénéfices dans la coopérative qui a acquis deux vaches et 20 moutons.

«­C'est grâce à la route­» avance-t-il.

«­Nous avons décidé d'investir dans l'agriculture lorsque nous avons appris la réfection de la route. Ça a été le moteur. Du fait de pouvoir être relié aux grandes villes, les opportunités devenaient économiquement viables.­»